Cycle indien de Marguerite Duras : La Femme du Gange (1974)
Les mourants sans monde, on ne peut pas les porter, on ne peut que les garder
Les mourants sans monde, on ne peut pas les porter, on ne peut que les garder
Contre une double emprise mortifère, il n’y a pas d’autre antidote que la déconstuction
Il faudrait, pour se dissocier légitimement du monde, être un poète exceptionnel, unique – celui qui n’en est pas digne est rejeté, méprisé
Étranger au monde, indifférent à ses valeurs, il assume le geste qui, par la peine de mort, l’en séparera pour toujours
Il n’y a pas de fraternité sans bénédiction : porter l’autre vers un avenir inconnu
Des plus brutaux acteurs de l’histoire, on ne retient que l’impardonnable
Le rêve du réalisateur : une caméra qui, se faisant passer pour un spectre, possède la faculté d’intervenir sur ce qu’elle filme
En l’absence de preuve, il faut un témoignage – fût-ce d’un enfant – pour décider, mais le jugement véritable, s’il en est, pourrait venir d’ailleurs
Le jugement final, c’est que nul ne peut témoigner de la vérité.
il y a dans ce film quelque chose de nazi : l’entrée en scène d’un monde absolument dépourvu d’avenir
On ne peut répondre à la cruauté, inexplicable et injustifiable, que par un au-delà de la cruauté, tout aussi inexplicable et injustifiable.