Quand dire c’est faire (adresse au lecteur)

Performativités : extensions du domaine de la voix

L’expression Quand dire, c’est faire renvoie à une série de conférences prononcées par John Langshaw Austin en 1955 à l’université de Harvard, sous le titre anglais How to do things with words ? . Le philosophe linguiste a découvert ce que l’on nomme aujourd’hui les actes de langage ou énoncés performatifs, un terme dérivé de l’anglais to perform : accomplir, exécuter. Il arrive, dans la vie, que les mots agissent, et cela arrive aussi au cinéma où ce ne sont pas seulement les mots mais aussi les images, les récits, les mises en scène, les montages, etc., qui agissent ou peuvent agir, dans certaines circonstances. Voir un film, cela peut changer votre vision du monde, vos sentiments, vos idées, vos engagements, vos alliances. On peut nommer, parmi ces énoncés (ou énonciations filmiques, comme disait Christian Metz), une déclaration, un serment, une confession, un témoignage, une promesse, une excuse, une conjuration, etc. À partir du moment où la croyance est impliquée, un film n’agit pas autrement qu’une personne.

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