Le Camion (Marguerite Duras, 1977)
Regardez défiler le monde, les paroles blanches, incertaines, entre le froid du désert et la sécheresse de l’été, c’est la fin, le voyage s’arrête (comme la vie), on ne voit plus rien
Regardez défiler le monde, les paroles blanches, incertaines, entre le froid du désert et la sécheresse de l’été, c’est la fin, le voyage s’arrête (comme la vie), on ne voit plus rien
La famille comme lieu privilégié du X sans X : parler sans parler, avouer sans avouer, taire sans taire, transmettre sans transmettre, etc…
Il faut croire en une parole singulière, nouvelle, protestataire, bien qu’elle institue elle aussi un nouveau pouvoir, autoritaire et dominateur
Il ne s’agit ni de raconter la Shoah, ni d’en exhiber les archives, mais d’en témoigner, d’y mourir vivant
Evider un monde pour porter, sans que rien ne l’entrave, le commencement d’une parole
Une culture passéiste, réduite à sa rhétorique, ne résiste pas à sa désintégration
Il faut, pour construire un récit national, faire parler les traces – qui heureusement résistent, gardent leurs secrets
Une série de pures rencontres, sans autre motif que le plaisir et le sexe, n’a pas d’autre horizon que la mort.
Une séduction verbale, oblique, indirecte, instaure une liaison foisonnante mais trompeuse, décevante, déprimante.