Cycle indien de Marguerite Duras : Son Nom de Venise dans Calcutta désert (1976)
D’un monde disparu, d’autres restes peuvent toujours survenir, ou des simulacres de restes ou de traces dont on invente la teneur pour porter témoignage
D’un monde disparu, d’autres restes peuvent toujours survenir, ou des simulacres de restes ou de traces dont on invente la teneur pour porter témoignage
Les mourants sans monde, on ne peut pas les porter, on ne peut que les garder
Le vol d’œuvre d’art comme acte gratuit aussi abstrait, irrationnel, incompréhensible, que l’œuvre elle-même
Quand tous les appuis s’effondrent, extérieurs et intérieurs, la survie dépend de la persistance d’un lien, fut-il le plus fragile, le plus improbable
Avec la naissance de l’enfant, le monde s’est vidé, ma place est anéantie, plus rien n’a de valeur, ni par le genre, ni par le sexe, ni par la raison
Étranger au monde, indifférent à ses valeurs, il assume le geste qui, par la peine de mort, l’en séparera pour toujours
Un film qui crée son propre monde qui n’est pas un monde, mais un montage cinématographique de situations, de citations et de dialogues, pour le salut du cinéma et de ses personnages
Sans habitat, sans passé, sans futur, sans monde, il ne reste que les pleurs
La tentation d’une mise en abyme autobiocinématographique sans fin, où le film ne renvoie qu’au film et le cinéma qu’au cinéma
Notre monde s’efface, s’arrête, ce qui arrive est obscur, inconnu, absolument indéterminé.
En disparaissant, elles suspendent le monde dans lequel le film s’inscrit – sans laisser aucun indice sur l’autre monde.
Là où des cadavres se nourrissent de cadavres, ça ne fait plus monde, c’est sans monde.